IA générative et responsabilité logicielle
En 2026, le débat sur l'IA générative n'est plus technique. Il est juridique, organisationnel et stratégique.
Automatiser la production de code n'automatise pas la responsabilité. Au contraire : elle devient plus visible, plus traçable, plus exigeante.
Ce qui change vraiment
Trois textes européens structurent le mouvement :
- AI Act : gouvernance, documentation, gestion des risques
- Cyber Resilience Act : sécurité sur tout le cycle de vie du logiciel
- Nouvelle directive responsabilité produit : le logiciel est explicitement un produit
Le message est clair : on ne jugera plus seulement ce qui a cassé, mais comment ça a été conçu.
Ce que regarde un juge
Un juge ne lit pas votre code. Il lit votre comportement professionnel. Il se pose des questions simples :
- Aviez-vous identifié les risques ?
- Aviez-vous des règles écrites ?
- Étiez-vous capable d'expliquer vos choix ?
- Avez-vous vérifié ce que l'outil produisait ?
- Pouvez-vous prouver la chronologie ?
La "confiance aveugle" dans un système automatisé est historiquement mal jugée. L'IA ne change pas ce principe. Elle le renforce.
Gouvernance, pas magie
Il ne s'agit pas de renoncer à l'IA. Il s'agit de structurer son usage :
- Des spécifications écrites
- Des règles de gouvernance explicites
- Une traçabilité claire
- Des vérifications effectives
La valeur n'est plus dans le code. Elle est dans la maîtrise du processus.
La vraie question
La question n'est pas "utilisons-nous de l'IA ?" Tout le monde l'utilise déjà.
La vraie question est : sommes-nous capables de démontrer comment nous l'utilisons ?
L'IA n'enlève pas la responsabilité. Elle la rend visible.