
Bienvenue
Se décrire est toujours un exercice un peu artificiel. Je ne suis pas un ninja — même si l'image pourrait le laisser croire — mais je travaille volontiers dans l'ombre.
S'il fallait résumer en une phrase ce que je fais depuis trente ans : je tombe sur des systèmes qui ne marchent pas, et j'essaie de comprendre pourquoi.
Parfois c'est un bit au mauvais endroit. Parfois c'est un processeur trop petit. Parfois c'est une hypothèse que plus personne ne questionne. Et à chaque fois, c'est la compréhension qui fait la différence.
J'écris du code depuis l'enfance. Mon premier programme, c'était à six ans sur un ZX81. À douze, j'écrivais un logiciel professionnel qui a été utilisé pendant trente ans. Depuis, je n'ai jamais vraiment arrêté. C, C++, Go, JavaScript, Rust font partie de mon quotidien. Mais j'ai une affinité particulière pour les couches basses : assembleur (x86_64, SPARC, ARM, RISC-V, Z80…), architecture des processeurs, systèmes d'exploitation. Plus récemment, je travaille aussi avec les FPGA (Verilog, VHDL).
J'ai contribué à Plan 9, le successeur d'Unix conçu aux Bell Labs par les créateurs de C et d'Unix. D'abord avec des pilotes matériels — Matrox, ATI, VIA Gigabit Ethernet — puis en identifiant et corrigeant un bug dans le scheduler de 9vx, un composant qui avait pourtant été validé mathématiquement. Le correctif, validé par la communauté, n'a jamais été remplacé.
J'ai travaillé sur des systèmes où l'erreur n'est pas une option. Une bibliothèque mathématique en assembleur pour des calculateurs de vol, avec une précision exigée à 10⁻¹⁵. Un mécanisme de protection mémoire déployé sur dix millions de machines — zéro crash. Une solution de virtualisation d'applications pour isoler des programmes dans des bacs à sable. Un antivirus sans signatures, conçu pour la Marine nationale et le Ministère de la Justice. Ce qui relie ces projets, c'est le même réflexe : comprendre ce qui se passe vraiment, mesurer, pas deviner.
Aujourd'hui, je construis un moteur d'inférence LLM local, optimisé pour CPU, en Rust et en assembleur écrit à la main (AVX-512, NEON). Mon travail se concentre là où la performance casse réellement : bande passante mémoire, latence, hiérarchie des caches, ports d'exécution. Je documente ce travail dans une série d'articles techniques. L'objectif : un moteur souverain, sobre en ressources, maîtrisé de bout en bout.
En parallèle, je partage ce que je fais : écriture, open source, et des vidéos techniques — sans mise en scène, simplement du code, des systèmes et des idées.
En dehors de ça, j'aime les sciences, lire des papiers, comprendre, creuser. Et rester proche de ce qui compte vraiment.
— Philippe Anel